Mission accomplie !

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Vénézuela - Caracas
de Mitch, le 21-09-2007

Mission accomplie !

Hello,



Ca fait un moment la que je vous ai plus ecrit de belles histoires. Et pour cause, c'est que je n'ai pas des masses a vous raconter. J'avoue, c'est petitement et en vous proposant quelques photos du Venezuela, que je vais terminer ces recits de "de par de la l'ocean".

En quittant l'Amazonie par le nord, je suis arrive au Venezuela. Ma premiere etape etait Ciudad Bolivar. Une salle petite ville d'ou j'ai decolle pour aller jetter un oeil a la cascade la plus haute au monde. Depuis l'aerodrome, un coucou me deposera a Canaima. La, plusieurs "backpackers" (sac a dosseurs ?), formeront un groupe pour partir en ballade dans le coin pendant 3 jours.

C'est en pirogue a moteur que les differents endroits interessants son accessibles. Deux moteurs de 40 cv vous enmene d'un point A a un point B, a toute vitesse. Frissons garantis. Surtout dans les rapides. A un moment donne, on nous fait descendre pour marcher une demie heure dans la nature pour retrouver la pirogue et nos baggages en amont de serieux rapides. C'est la procedure qui a ete adoptee apres que l'un ou l'autre touriste ne soit passe par dessus bord. Ils sont pas trop regardants pour ca ici, ca va, on a pas trop l'impression d'etre encadre par des neurses. C'est cool. Hum...

De la, j'ai pris un bus pour Caracas d'ou je vous ecri. C'est ici en fait que mes vacances se sont terminees debut septembre. La reprise avec le boulot et la realite s'est donc faite progressivement. Ben oui, apres 7 mois fallait pas me brusquer moi.

De Rio ou j'avais egalement travaille quelques temps pour la boite, j'avais envoye un colis avec mon deguisement complet d'homme d'affaire, la malette, mes rapports de visiste, plus quelques documents. Sachant que j'allais arriver a Caracas deux mois apres, je me suis dit qu'il etait preferable que mon colis n'arrive trop tot a l'hotel que j'avais reserve a Caracas depuis Rio (ca va, vous suivez ?).
Un envoi normal en economique par la poste avec un delais de 15 jours etait donc largement suffisant. Grave erreur...

En arrivant a Caracas, non seulement mon colis n'etait pas arrive mais l`hotel n'avait pas enregistre ma reservation. Apres deux heures de ballade dans Caracas avec mon sac a dos de 20 kg. je trouve une solution temporaire en descendant au Caracas Palace pour deux jours (qui couteront autant qu'un mois en Bolivie).

Vu que l'on peut suivre les colis par le site internet de la poste bresielienne, me voici installe dans le premier cyber cafe venu pour voir ce qu'il en est. Je peux juste voir que mon colis depose le 16/07 en agence a ete achemine le 20/07 vers le Venezuela. Appelons le numero d'aide au clients alors ? Ah ben non, celui-ci ne fonctionne pas depuis l'etranger. Qu'a cela ne tienne. Un contact de Rio parvient a me trouver un numero qui fonctionne. La on me dit que vu que mon colis a ete expedie en economy, il n'est pas possible de le suivre en dehors des frontieres bresilienne. Super. Je rempli tout de meme un formulaire de reclamation sur le site, plus par acquis de conscience qu'autre chose.

Vu que sur le colis j'avais mis l'adresse de l'hotel que j'avais pourtant reserve, j'y passe regulierement pour voir si il y a du neuf. Au troisieme jour, une personne a qui mon nom fait soudainement tilt me dit qu'un envois a mon nom est arrive depuis 15 jours. Joie. C'est bien aussi, mais c'est le colis de catalogues envoye par Icarus, pas celui de Rio.

Le temps passe et pas de colis, hors je suis ici pour travailler moi. Je peux pas continuer a faire du bla bla par telephone aux gens, faut aller les voir aussi ! C'est comme ca que j'ai du me racheter un nouveau deguisement d'homme d'affaire.

Loin de me decourager je continue a penser que j'aurai mon colis. Je l'aurai ! Je vais le chercher moi meme ce sacre colis. Me disant que la poste bresilienne travailait avec la poste venezuelienne c'est donc par la que j'ai entamme mes recherches. Pendant deux jours, le personnel des deux hotels sont presque parvenus a me faire croire qu'il La Poste Venezuelienne n'existait pas et que les colis arrivaient tous a travers d'une des societes express de Caracas. Autant chercher un e-mail entre Alonso et De La Rosa quoi.

Je continue la ? Vous avez le temps ? Bon...

Je commence mes visites mais cette histoire de colis ne me sort pas de l'esprit. J'en arrive meme a en parler a un client potentiel. "Tu ne l'aurais jamais ton colis..." me lance-t-il. Estomaque moi, ben oui ! C'est comme ca qu'il m'explique que si je bouge pas mon colis fera comme sa carte de noël qu'il a recue du Chili la semaine passee. Ah. Je dois moi-meme aller a un bureau de poste (Ah, je savais que ca devait exister au Venezuela aussi !!!) le plus proche pour savoir a quelle agence il sera livre en fonction de l'adresse du destinataire. La, je devrais payer pour l'avoir. "Pardon ??? Oui, c'est comme ca ici, si tu payes pas tu recois que dale". Bien sympa le type, il me raccompagne a mon hotel et m'indique meme ou se trouve le bureau de poste le plus proche qui a deux pas. La on me renseigne l'agence ou mon colis devrait arriver. Je prends le metro et me voici a la dite agence qui me dit que les lettres oui, mais les colis c'est une autre agence qui les livre. Re-metro, et voici a la dite agence (bis) qui me dit qu'ils n'ont rien recu mais que je peux aller controler au dispatching central de Caracas et voir si mon colis est arrive. Re-metro, me voici au dispatching central. Je donne mon bordereau d'expedition, la preposee controle, et la, la nana se met a chanter. C'est en fait l'effet que ca me fait lorsque'elle me dit que mon colis est arrive. Et meme bien arrive d'ailleurs: le 25/07 !!! Ma joie est trop grande que pour lui dire "Et keske vous attendez pour me le livrer ce colis de m...!!!! Hein ???!!!" Mais bon, c'est parfait, je vais reparti avec mon colis. Je dois juste faire une copie de mon passeport (que j'avais sur moi (he he heee)), payer 8500 bolivars de taxe et donner mon numero de RIF. "Mon numero de quoi...???". J'ai beau essayer de lui faire comprendre que je suis etranger et que je n'ai pas ce numero. Et puis, j'ai moi meme envoye ce coli comme le prouve le bordereau cole sur la boite. Elle veut rien savoir, je dois aller retirer au SENIAT (agence gouvernementale de je ne sais quoi comme ils en ont le secret ici) et puis revenir. Keep cool, me suis dit, je vais aller lui chercher son numero et puis elle nous lachera (mon colis et moi). Re-metro, ah ben oui le Seniat se trouve au centre ville. Arrive la, une fille de la a la. J'explique mon cas a un prepose qui me dit que je dois d'abord remplir les formulaires sur internet et revenir. On me donne un feuillet explicatif ou on demande un tas de renseignements dont je suis incapable de donner. La, je commence tout doucement a la trouver mauvaise. Je me barrre.

Je continue mes visites. Un jour, je tombe sur mon sauveur. Alain de la societe Franki au Venezuela qui m'a ete conseille par la responsable de Expoort Vlaanderen a Caracas (mais c'est sur hein qu'on peut s'entendre..!!!) a qui j'ai fini par raconter ma desaventure aussi. Il est originaire du cote de Dinant et habite la ville depuis 31 ans. Ces enmerdes administratives ca le connait. Un gars en or. Il me fait carrement accompagner au dispatching central de la poste par un ptit gars sympa qui travaille pour lui et qui a donc ce sacre numro RIF. Il va meme chercher les 8500 bolivars de timbres fiscaux pour moi. Ensuite, il redigera une procuration qui dit que je lui cede le coli. Et hop l'affaire est dans le sac. Nous voila partis en taxi pour faire rapidos, ca ferme a 15h30 !

"Bonjour madame, je suis venu ce matin...etc etc". Parfait, tout est la. Je dois encore aller chercher un timbre (je me demande bien pourquoi faire) de 900 bolivars. No problemo, au bout du couloir on en vend. Je m'y rend et je demande donc ce timbre a 900 bolivars. Y a pas a 900, c'est a 1000. Bon ok, au taux de change officiel 3000 Lucas (c'est comme ca qu'on les appelle ici) c'est 1 euro , alors bon... Je m'etonne seulement rien qu'un peux (je commence a avoir l'habitude) qu'il me demande 1100 Lucas. "Oui, c'est la taxe" qu'il me dit. Je dis rien.

Me voici de retour pres du ptit gars. Mon colis est de l'autre cote du grillage ! Ah haaaaa !!! La preposee agraffe le timbre (?), les timbres fiscaux, une copie de mon passeport, une copie de la carte d'identite avec le numero de RIF du ptit gars, sa procuration et la voila partie dans l'entrepot. Ca discute, je vois bien qu'il y a un type qui est pas d'accord. Il s'amene vers nous. Il est agent des douanes. Il explique qu'il peut pas me donner le colis parceque le destinataire c'est l'hotel. Je lui explique que c'est moi qui ai envoye le colis et que c'est moi qui loge a cet hotel (je ments) et que si on ouvre le colis on verra que ce sont MES cartes de visites qui sont dedans. Je me retiens juste de lui dire que vu qu'ils ont pas fait le boulot, c'est moi qui doit venir chercher le colis !!!. Il veut rien savoir le con. Le patron du colis, c'est l'hotel. La solution serait de revenir avec une procuration de l'hotel qui dit qu'il rennonce au coli en ma faveur, une copie de la carte d'identite et du numero de RIF donc d'un responsable de l'hotel et...les statuts de l'hotel !

La, je commence a croire a une camera cachee, je cherche monsieur Zygo (Marcel Bellivo pour les quebecquois). Je dis a mon ptit gars que je suis au rupteur et que je m'eclipse pendant qu'il tente l'impossible: faire faire un acte de bon sens a un agent des douanes.

De retour bredouilles chez Pieux Franki, Alain decroche son telephone pour appeller le boss de l'hotel qu'il connait et qui est francais. Il est pas la mais on peut aller voir le gerant qui reglera ca en deux coups de cueillere a pot. Le gerant est aussi un immigre belge et la tout devient simple. Les documents sont deja prets, c'est pas la premiere fois que ca lui arrive. Pour ca c'est chiant ici, mais sinon tout deux adorent le Venezuela. Ouais bon, ok il doit y avoir du bon aussi ici, mais moi tout ce que je veux, c'est mon colis !

Il y en a tjs. qui lise la ? Z'aurons une medaille ceux-la !

Courrage, j'entrevois la derniere ligne droite. Le lendemain matin de bonne heure, me voici parti avec mon dossier (!) sous le bras pour aller retirer le paquet. Sur place, je le remet a la nana qui controle le tout. Ok, c'est bon, je peux passer de l'autre cote du grillage pour aller controler le contenu du colis avec l'agent des douanes. On ouvre. La serrure de ma malette a ete forcee et des cartes de visites on disparus. Je peux faire reclamation, dans ce cas le colis est mis en quarantaine en attendant les resultats de l'enquete. Mwouais, dans ce cas, on va dire que tout est ok ! Je me demande bien ce qu'on pourrait faire de ces cartes en fait. C'est juste dommage, j'ai de toutes facons mis toutes les coordonnees des gens visites dans mes rapports envoyes a Icarus. La on me fait remarque qu'il ya des habits dans le colis. "Ben oui, c'est meme marque sur le bordereau (banane)" - Ca va etre complique pour la douane ca - Ah bon ? - Ben oui, ou alors on met qu'il y a que des livres ? - Oui monsieur, faites !" Piouwww....
Ok, c'est bon, je peux retourner pret de la nana qui doit me remettre des documents. La, elle me tends une facture que je dois payer avant de pouvoir enlever le colis. Un total de 26.800 Lucas !!! "Mais j'ai pas tout ce pognons sur moi moi !!! C'est quoi ca ??? - Les taxes monsieur - Encore ???!!! Mais, je savais pas moi !!! - Ca n'est pas a moi de vous l'apprendre monsieur" Oui, ils sont tous tres aimables dans la fonction publique ici.
Je me rapelle avoir fourre quelques billets en poche ce matin mais je sais pas vraiment combien. Je regarde: 30.000 Lucas. Sauve !
Je retourne donc au bout du couloir ou j'avais achete le timbre hier. La, je rempli un cheque de je ne sais quoi qui m'est gracieusement remis au guichet pour un montant de 1800 Lucas et paye les 25.000 en plus. La, il m'explique que le cheque de 1 800 je dois le payer deux fois. Je renonce a lui demander pourquoi. Y en marre. Comme demande, je fais (et donc je paye) deux copies de ce cheque et de la facture appuree et m'en retourne pres de mon colis. La on dirait bien que tout y est. Une demie heure apres on m'appelle dans le hangar a cote pour l'enlevement de mon colis qui entre temps a change d'endroit donc. Au loin, je vois un type qui pousse un chariot avec mon paquet dessus. La, je commence a defaillir. J'imagine la crevaison d'une des roues du chariot que l'on ne peut reparer de suite vu l'embargo des produits venant de chine, la procedure pour pouvoir changer de marque et le temps qu'il faudra attendre pour solutionner tout ca. He bien non, medisant que je suis, le charriot arrive sans encombre. Je dois juste signer un registre et y ecrire mon numero de passeport. Ah oui, on me prends tout de meme mes empruntes digitales. De la folie douce je vous dit.

Bref, on me donne le colis. Ca y est il est dans mes bras, je rigole tout seul comme un con, je peux le serrer, il est a moi !!! Je me resaisi tout de meme en me disant que je dois encore franchir les barrieres et les gardes du dispatching central. La, j'entends un agent qui crie apres moi et qui veut me stopper en pretendant que dans ma signature, on ne voit pas les deux "ll" de Djacomelli !!! Je decide de ne pas me laisser atteindre par ce mauvais tour qu'est en train de jouer mon imagination...

Arrive a l'hotel, je me rends compte que je suis tout heureux pour avoir recu un colis que je me suis moi-meme envoye et dont, evidemment je n'aurai aucune surprise vu que je connais d'avance le contenu.
Ben voila. C'est ca aussi savoir apprecier les petits bonheurs que la vie nous offre. Nous, chez nous, on doit meme pas se deplacer, on nous livre un colis sur le pas de la porte et puis c'est tout. Meme pas le temps d'etre impatient, de se rejouir, zero emotions, c'est nul.

Et puis, si jamais il vous arrivait de vouloir faire une Newsletter et que vous n'avez pas specialement grand chose a raconter, ben voila qui arrange tout ! Vive le service postal venezuelien moi j'dis !

Alle, moi qui pensais la faire courte, je vous ai pas menage cette fois-ci. Je vous fout la paix maintenant. Cette semaine, je devrais pouvoir remarcher sur le plancher des vaches belges (on peut toujours dire "belges"...?)


Vous embrasse
The Postman

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